Contre les effets de la chaleur, les CFL se préparent

Groupe CFL
// 31 juillet 2019

Il est important que les voyageurs puissent atteindre leur destination en tout confort, à toute heure et par tous les temps. Aussi, les marchandises transportées par rail doivent arriver à temps à bon port. Que ce soit au transport de voyageurs ou au transport de fret, le personnel CFL veille ainsi en permanence au bon fonctionnement de son matériel roulant. En prévision de l’été et pour parer aux épisodes de forte chaleur, ce sont tout particulièrement les installations de climatisation équipant les diverses rames et locomotives CFL, qui sont surveillées.

Postées le plus souvent sur la toiture du train, les installations de climatisation des trains sont mises à mal par les températures estivales exceptionnelles, dépassant par moment les 35 degrés.

Le transport de voyageurs affecté

Des ouvertures et fermetures permanentes des portes, aux haltes prolongées du train en gare, sous un soleil de plomb, plusieurs facteurs rendent le rafraîchissement des voitures de train et particulièrement difficile. Sollicitée de manière intensive, l’appareil de climatisation, muni d’une sécurité, se mettra automatiquement à l’arrêt.

Le transport de fret également concerné

Le transport de fret (combiné ou conventionnel) doit rester efficace malgré les fortes chaleurs. Les températures élevées mettent à l’épreuve les systèmes de climatisation équipant les locomotives à la traction de marchandises. Dans tous les cas le conducteur doit pouvoir manier la locomotive dans les meilleures conditions. Une bonne ventilation dans la cabine de conduite est, en ce sens, primordial. En parallèle, sachant que les trains de marchandises effectuent généralement des trajets de longue distance, le conducteur peut s’accorder des pauses supplémentaires en cas de températures élevées.

Entretiens préventifs

En prévision des chaleurs estivales, des entretiens préventifs ciblés sont menés annuellement. Dans les ateliers CFL plusieurs composants, électroniques et mécaniques, des systèmes de climatisation des trains, font l’objet d’inspections. Compresseurs, évaporateur, condenseur, détendeurs et valves sont scrutés, nettoyés et au besoin, remplacés. Divers filtres sont remplacés et les échangeurs de chaleur nettoyés.

Ce ne sont pas seulement les boîtes de climatisations postées sur les toits des trains qui sont vérifiés. Dans les voitures du train aussi, tout dispositif de ventilation est récuré. Le personnel CFL s’assure aussi du bon fonctionnement des sondes et capteurs de température.

Réparation en gare et aux arrêts

Il peut arriver, malgré tout, que l’appareil de climatisation, muni d’une sécurité lui évitant une surchauffe, se mette à l’arrêt automatiquement dans train en pleine voie et que le retour de ce train à l’atelier ne soit pas possible dans l’immédiat. Plusieurs équipes mobiles se déplacent ainsi rapidement sur le terrain, à tout moment, pour détecter le dysfonctionnement et pour effectuer le dépannage. La priorité étant le confort du voyageur et l’acheminement sécurisé de celui-ci.

Le savoir-faire par une formation en interne

Aux CFL, seules les personnes formées en technique de réfrigération et possédant, à ce titre, une certification sont aptes à manipuler les systèmes de climatisation en question.

Compte tenu des besoins internes accrus en mécatroniciens en technique de réfrigération, les CFL ont mis sur pied, dès 2016, en accord avec le Ministère, un parcours de formation DAP « Mécatronicien en technique de réfrigération ». Il s’agit d’un apprentissage en concomitance qui s’étale sur trois ans.

Ce DAP d’un nouveau genre a été ouvert au début de l’année scolaire 2017/2018 et compte aujourd’hui 14 apprentis (8 en première année ; 3 en deuxième année ; 3 en troisième année) encadrés par 10 cadres permanents. Kiss, Dosto, TER2N, … ces apprentis sont formés aux diagnostics, à l’entretien et à la réparation de tout système de climatisation du matériel roulant CFL.

Par ces températures estivales, les voies de chemin de fer sont mises à mal. Pour assurer l’intégrité du réseau et la sécurité des voyageurs, les CFL prennent des précautions durant toute l’année.

La « distorsion latérale de la voie »

Les voies sont maintenues par des traverses en bois ou en béton. Le tout est soutenu par une couche de ballast, un lit de pierres naturelles, qui permet de stabiliser la voie et d’amortir les contraintes exercées sur la voie, d’une part, par le passage d’un train et, d’autre part, par les conditions climatiques.

En raison des fortes chaleurs, le rail composé d’acier et fixé par les traverses, se dilate. La voie peut se déformer. On parle alors d’une « distorsion latérale de la voie ».

Des mesures préventives déterminantes pour la voie

Pour éviter tout effet de la chaleur sur les voies durant l’été, on s’assurera, dès la pose des voies et de leur soudure, que la température des rails se stabilise entre 20 et 32 °C. Grâce à cette précaution, les contraintes sur les rails sont relativement faibles. Les risques de dilatation des voies en été, ou de leur contraction par le froid, en hiver (avec risque de rupture du rail), sont ainsi réduits.

Les CFL s’assurent de l’utilisation de matériaux toujours plus résistants aux contraintes exercées sur les voies par le passage des trains. Ainsi, les voies seront posées sur un lit de pierres naturelles assez résistant aux pressions qu’entraînent les variations de températures. Les traverses de bois, elles, laissent place aux traverses de béton plus lourdes, qui, combinées au ballast de pierres naturelles, assure un meilleur maintien des voies et une meilleure résistance au passage du train.

Aussi, pour éviter une distorsion de voie, ou du moins pour reconnaître les signes avant-coureurs au plus tôt, des tournées d’inspections régulières et ciblées se font au début de l’été, sur les voies du réseau.

Une technologie de pointe pour une surveillance optimisée

Avec le savoir-faire, la qualité, la sécurité et la performance, l’innovation fait partie intégrante de la stratégie d’entreprise des CFL. C’est ainsi que les CFL investissent continuellement dans le domaine de l’internet des objets (en anglais « Internet of Things »). Dans cette même optique, les CFL se sont parés de trois installations de mesures, à la pointe de la technologie, pour surveiller l’état du réseau.

Disposées à Mecher, à Esch-sur-Alzette et à Luxembourg, ces trois stations permettent de mesurer en permanence la température des voies sur l’ensemble du réseau. Via des thermomètres digitaux disposés sur les voies, toute donnée renseignant la température des rails est enregistrée et transmise, par voie informatique, aux services CFL concernés. Ceci permet de garder un œil en permanence sur le réseau entier, en un coup d’œil et d’alerter les services concernés au cas où la voie serait fragilisée par les températures élevées.

Cette technologie à la mesure de la température permet de déterminer avec précision les zones sensibles et d’y prévoir des tournées d’inspections supplémentaires durant l’été.

Au cas où une distorsion de voie serait repérée suite à une tournée d’inspection, ou signalée par un train voyageurs ou fret de passage dans la zone concernée, des mesures adéquates sont prises. Le passage du train sur le tronçon affecté se fait à vitesse réduite. Au besoin, la voie est temporairement fermée et la voie est redressée, avant que le trafic reprenne en toute sécurité.

Une nouvelle mesure à l’étude

Sur le réseau des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), sur le réseau allemand de la DB et le réseau de la ÖBB en Autriche, une nouvelle mesure à la prévention des effets des fortes chaleurs sur les rails est à l’essai. Ces tests consistent à disperser de la peinture claire sur le côté des voies, ce qui permettrait, selon de premières observations, d’abaisser la température des rails de près de quelques degrés. Une mesure prometteuse, dont les CFL sont en attente des conclusions définitives.